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Séminaire Général, “La mise au travail comme mise au rebut”

10 mai @ 10h00 - 12h30

En 2026-2027, le LEST ouvre un nouveau cycle de son séminaire général autour d’une thématique transversale : la mise au travail du monde.

La notion de mise au travail du monde vise à interroger, dans une perspective pluridisciplinaire, les processus par lesquels des éléments du monde (humains, non humains, infrastructures, savoirs, objets, collectifs) sont engagés dans des dynamiques de production, de reproduction et de transformation du monde.

Quelle(s) mise(s) au travail ?

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement de mettre le monde au travail – dans quelles conditions, pour qui, et avec quels effets ?

Il ne s’agit pas d’entendre ici le “travail” au seul sens de l’emploi ou de l’activité économique, mais de l’aborder comme une catégorie analytique élargie, permettant de saisir une diversité de formes de mise en mouvement et de vivre ensemble. De fait, le travail est traversé de rapports d’exploitations économiques et d’oppressions sociales, ainsi que de liens de solidarités, indissociables aujourd’hui de la production, de la mise en disponibilité du monde et de la mise au travail des vivants comme ressources.

Dans cette perspective, la notion de “mise au travail”, volontairement polysémique et ambiguë, désigne une pluralité de processus. Elle peut désigner des dynamiques matérielles, sensibles et infrastructurelles autour du travail, par exemple, permettant la production agricole, la gestion des déchets, l’exploitation du vivant ou le traitement des données. Elle recouvre également des processus institutionnels et organisationnels de préparation et de contrôle du travail, s’appuyant sur les systèmes éducatifs et professionnels, les dispositifs d’expertise, les politiques publiques, et toutes sortes d’acteurs intermédiaires. La mise au travail peut désigner également des processus politiques et subjectifs questionnant, contestant ou redessinant les contours du travail, et les frictions produites vis-à-vis des ordres sociaux dominants.

Cette approche par la mise au travail permet également d’interroger les crises généralisées d’un système socio-économique en tensions, caractérisé par l’épuisement des fonctions socio-reproductives terrestres et humaines. Enfin, elle met en lumière les contradictions inhérentes à toutes activités et qui traversent ces dynamiques, par exemple entre émancipation et contrôle, valorisation et destruction, participation et invisibilisation.

 

La séance du 10 mai s’intitule “la mise au travail comme mise au rebut”. Quelles formes de mise au rebut accompagnent la mise au travail du monde? qu’il s’agisse de déchets, d’eaux usées, de territoires sacrifiés ou d’activités invisibilisées liées à leur gestion et leur circulation. Toute mise au travail produit-elle nécessairement des déchets? Qu’est-ce que cela nous apprend sur le fonctionnement des systèmes contemporains de production ?

LEST- Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail – Salle 1

35 Av. Jules Ferry
Aix-en-Provence Cedex 01, 13626 France