La thèse de Joséa Guedje analyse les freins et les leviers organisationnels, économiques et de politiques publiques qui influencent la diffusion des pratiques agroécologiques. Inscrite en économie et réalisée dans le cadre d’une CIFRE, elle s’intéresse plus largement aux conditions dans lesquelles la transition agroécologique peut se développer au sein des systèmes agricoles et alimentaires territoriaux. Une présentation de ses travaux lors de l’Atelier doctoral de la Cité de la Solidarité Internationale formule ainsi son objet autour des leviers « socio-économiques, organisationnels et de politique publique » de la transition agroécologique.
La recherche repose sur un ancrage territorial important. Depuis 2025, le terrain de thèse se concentre notamment sur deux territoires des Bouches-du-Rhône : le Pays d’Aubagne et de l’Étoile et le secteur de Pertuis. Joséa Guedje y étudie les parcours d’installation de maraîchers et d’arboriculteurs, leurs pratiques agricoles ainsi que les réseaux dans lesquels ils s’inscrivent, afin de comprendre concrètement ce qui favorise ou, au contraire, freine l’évolution des pratiques vers l’agroécologie.
Pour analyser ces dynamiques, elle mobilise notamment l’économie des proximités, qui permet d’interroger le rôle joué par les relations entre acteurs et leur inscription territoriale dans les processus de changement. La transition agroécologique n’est ainsi pas envisagée uniquement sous l’angle des pratiques individuelles des agriculteurs : la recherche s’intéresse également aux relations, collectifs, dispositifs institutionnels et politiques publiques susceptibles d’accompagner leur transformation.
Une partie du travail porte par exemple sur un GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental) consacré au maraîchage sur sol vivant, porté par l’ADEAR 13. L’étude s’intéresse à la manière dont les agriculteurs s’approprient ce dispositif collectif, conçu comme un espace d’apprentissage et d’expérimentation favorisant l’évolution des pratiques. Joséa Guedje a notamment participé à la capitalisation de cette expérience afin d’analyser les usages du dispositif par les agriculteurs.
Ses travaux portent également sur les dispositifs favorisant l’installation agricole dans le cadre des Projets alimentaires territoriaux (PAT). Un document de travail publié en 2026 avec Francesca Petrella, Gwendoline Promsopha et Suzie Deschamps étudie ainsi les Baux Ruraux Environnementaux de la Métropole Aix-Marseille-Provence comme leviers de la transition agroécologique. Cet axe permet de relier les pratiques et trajectoires des agriculteurs aux instruments territoriaux et institutionnels mis en place pour accompagner la transition.
La thèse articule ainsi plusieurs niveaux d’analyse : les trajectoires et pratiques des agriculteurs, les dynamiques collectives et les réseaux locaux, les dispositifs organisationnels et institutionnels, ainsi que l’action publique territoriale. L’objectif est de mieux comprendre comment leur combinaison peut favoriser — ou limiter — la diffusion de pratiques agroécologiques dans les territoires.
La thèse est en cours depuis 2024, au LEST, sous la direction de Gwendoline Promsopha et Francesca Petrella. Le site du LEST confirme son intitulé actuel : Analyse des freins et leviers organisationnels, économiques et de politiques publiques face à la diffusion des pratiques agroécologiques.
