Résumé :
Dans un contexte de fermeture sociale et scolaire de l’accès aux écoles de journalisme les plus prestigieuses, l’émergence de La Chance, une préparation aux concours de ces écoles qui vise à offrir des opportunités de carrière aux individus sous-armés scolairement, socialement, et financièrement offre un terrain privilégié pour rendre compte de parcours « atypiques » dans l’espace du journalisme. Ma thèse pose la question de l’ascension sociale dans l’espace social du journalisme, en centrant mon regard sur les bénéficiaires de La Chance, mais également sur les écoles dites « reconnues ».
De façon complémentaire aux approches méthodologiques utilisées dans l’étude de ce phénomène, j’ai souhaité mobiliser l’analyse des réseaux relationnels et plus précisément du réseau de relations d’une même personne. On peut en effet identifier à cette échelle de l’entourage les processus de mobilité sociale par l’analyse des transformations de l’entourage de l’acteur pris dans une trajectoire d’ascension sociale, et voir comment cet entourage construit cette dernière avec lui, et l’infléchit, par influence ou par effet de structure.
Ainsi appréhendée comme un processus de socialisation dans lequel un individu incorpore des dispositions contradictoires à celles acquises, l’ascension sociale de ces étudiants en journalisme est interrogée à travers deux questions complémentaires. D’abord, comment la mobilité sociale affecte-t-elle le réseau personnel ? Ensuite, comment le réseau personnel et son évolution vont affecter la trajectoire de mobilité sociale ?
Mots-clés : Mobilité sociale, Ascension sociale, École de journalisme, Enseignement supérieur, Transfuges de classe, Réseaux personnels
