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DISCRITRAJ – Trajectoires professionnelles des descendant·es d’immigré·es diplômé·es du supérieur : expériences des discriminations, ressources, opportunités et contraintes

2023-2025

Porteur du projet :

Yaël Brinbaum et Ingrid Tucci

Équipe LEST impliquée :

Académiques :

INED

Institutionnels :

Défenseur des droits

Les résultats de ce projet ont été publiés dans une synthèse pour le Défenseur des Droits, disponible ici 

Les principaux résultats sont résumés ici 

Cette recherche révèle des inégalités fortes : La comparaison à la population majoritaire, par l’analyse quantitative, met en évidence des inégalités de trajectoires professionnelles fortes parmi les femmes diplômées : à niveau de diplôme du supérieur égal, les descendantes d’immigrés subsahariens, marocains et tunisiens connaissent plus fréquemment des parcours discontinus, marqués par l’alternance entre emploi salarié, périodes de chômage et changements de statut d’emploi. Parmi les hommes, seuls les descendants d’immigrés de Turquie/Moyen-Orient ont des trajectoires plus souvent discontinues. L’analyse qualitative met au jour des trajectoires professionnelles plurielles et diversifiées, de nombreuses mobilités sociales et professionnelles, comme des trajectoires empêchées. Si certains, en particulier des hommes, se stabilisent rapidement dans le salariat en raison de diplômes dans des secteurs porteurs d’emploi, d’autres se tournent vers la fonction publique, soit dès l’entrée sur le marché du travail, soit plus tardivement, après des expériences professionnelles non satisfaisantes et instables, ou par vocation. Certains se tournent vers l’entrepreneuriat. Nombreuses sont les trajectoires de mobilité ascendante, dans lesquelles les descendants d’immigrés d’Asie du Sud-Est sont davantage représentés. Les résultats montrent d’ailleurs qu’ils et elles sont nettement plus souvent cadres. Les expériences de déclassement professionnel sont fréquentes mais inégalement réparties : un homme diplômé du supérieur, descendant d’immigrés d’Afrique subsaharienne sur deux est objectivement déclassé. Le déclassement a aussi une dimension subjective : à mêmes caractéristiques, les descendants d’immigrés d’Afrique subsaharienne se sentent plus souvent embauchés en dessous de leurs compétences, cela concerne aussi les descendantes d’immigrés algériens. Pour les femmes, sexisme et racisme et/ou discriminations liées au sexe et à l’origine s’entrecroisent, produisant un cumul de dévalorisation dans le monde professionnel. Cette recherche recommande une accentuation des actions de sensibilisation aux stéréotypes et discriminations serait bienvenue dans les organisations, visant l’ensemble des personnels, pour faire en sorte que certaines normes professionnelles, pratiques et comportements évoluent dans le monde du travail.

 

Publication(s) liée(s) :

Résumé

L’étude DISCRITRAJ analyse les trajectoires professionnelles et les expériences vécues dans le domaine de l’emploi et du travail en fonction de l’origine et du sexe, dans une perspective intersectionnelle. Elle repose sur une méthodologie mixte à partir d’une exploitation des données de l’enquête Trajectoires et Origines 2 (Ined-Insee) réalisée en 2019-2020 et d’une post-enquête par entretien menée auprès de 38 descendantes et descendants d’immigrés, diplômés du supérieur. Le projet DISCRITRAJ a été sélectionné, parmi d’autres, dans le cadre d’un appel lancé par l’INED en 2021, et a obtenu ensuite un financement du Défenseur des Droits.

Mots clés : parcours professionnels, discriminations, descendants d’immigrés, migration, méthodes mixtes.