En 2026-2027, le LEST ouvre un nouveau cycle de son séminaire général autour d’une thématique transversale : la mise au travail du monde.
La notion de mise au travail du monde vise à interroger, dans une perspective pluridisciplinaire, les processus par lesquels des éléments du monde (humains, non humains, infrastructures, savoirs, objets, collectifs) sont engagés dans des dynamiques de production, de reproduction et de transformation du monde.
Quelle(s) mise(s) au travail ?
Qu’est-ce que cela veut dire concrètement de mettre le monde au travail – dans quelles conditions, pour qui, et avec quels effets ?
Il ne s’agit pas d’entendre ici le “travail” au seul sens de l’emploi ou de l’activité économique, mais de l’aborder comme une catégorie analytique élargie, permettant de saisir une diversité de formes de mise en mouvement et de vivre ensemble. De fait, le travail est traversé de rapports d’exploitations économiques et d’oppressions sociales, ainsi que de liens de solidarités, indissociables aujourd’hui de la production, de la mise en disponibilité du monde et de la mise au travail des vivants comme ressources.
Dans cette perspective, la notion de “mise au travail”, volontairement polysémique et ambiguë, désigne une pluralité de processus. Elle peut désigner des dynamiques matérielles, sensibles et infrastructurelles autour du travail, par exemple, permettant la production agricole, la gestion des déchets, l’exploitation du vivant ou le traitement des données. Elle recouvre également des processus institutionnels et organisationnels de préparation et de contrôle du travail, s’appuyant sur les systèmes éducatifs et professionnels, les dispositifs d’expertise, les politiques publiques, et toutes sortes d’acteurs intermédiaires. La mise au travail peut désigner également des processus politiques et subjectifs questionnant, contestant ou redessinant les contours du travail, et les frictions produites vis-à-vis des ordres sociaux dominants.
Cette approche par la mise au travail permet également d’interroger les crises généralisées d’un système socio-économique en tensions, caractérisé par l’épuisement des fonctions socio-reproductives terrestres et humaines. Enfin, elle met en lumière les contradictions inhérentes à toutes activités et qui traversent ces dynamiques, par exemple entre émancipation et contrôle, valorisation et destruction, participation et invisibilisation.
Organisation du séminaire
En croisant de multiples objets empiriques et approches disciplinaires, cette programmation du séminaire général du LEST propose ainsi d’explorer, collectivement, comment se redéfinissent aujourd’hui les frontières du travail – ce qui est reconnu comme tel, ou non, et par qui, et ce que cela implique – et les formes contemporaines d’organisation, d’émancipation, d’interdépendances et de transformations du monde.
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Programme :
lundis de 10h à 12h
- SG1 le séminaire de rentrée de mise au travail de nos univers intellectuels (21 septembre, séminaire interne)
- SG2 le séminaire des nouveaux et nouvelles entrantes (12 octobre, séminaire interne)
- SG3 la mise au travail des formes d’engagement (7 décembre, séminaire thématique, ouvert) 📢
- SG4 la mise au travail du monde pour le nourrir (4 janvier, séminaire thématique, ouvert) 📢
- SG5 la mise au travail des savoirs (15 février, séminaire thématique, ouvert) 📢
- SG6 le séminaire doctoral de contre-soutenance (22 mars, séminaire interne)
- SG7 la mise au travail comme mise au rebut (10 mai, séminaire thématique, ouvert) 📢
- SG8 Le séminaire LEST-CEREQ sur la mise au travail des données et les données de la mise au travail (14 juin, séminaire ouvert) 📢
Détails des séances thématiques disponibles ici et sur l’Agenda du LEST.
